Suis-je victime ?

Questions & réponses

Les violences conjugales s’exercent de différentes manières.

Vous pouvez répondre à ce questionnaire en toute sécurité : il n’est envoyé à personne, vos réponses sont strictement confidentielles et servent uniquement à vous aider à faire le point sur votre situation.

Tremplin 94 - Solidarité Femmes​

Témoignages

Témoignage de madame A. 

« J’ai vécu des violences conjugales pendant sept ans de la part de mon ex-mari et père de mes deux enfants.
Je suis partie de mon pays pour le rejoindre et les violences ont continué en France.

J’ai essayé de partir six fois, mais j’y suis toujours retournée car je n’avais pas de ressources et je pensais que c’était ma faute, que c’est moi qui le poussais à être méchant, mais je savais que si je finissais ma vie avec lui, j’allais mourir triste. C’est quand j’ai découvert qu’il me dénigrait et m’humiliait auprès de tout le monde, que j’ai compris que le problème, c’était lui et pas moi. J’ai alors décidé de partir avec mes enfants. Je n’avais même pas un euro et pas de papiers, je ne savais pas ce qu’on allait devenir, mais je savais que c’était la décision qu’il fallait prendre pour moi et mes enfants.
Depuis ce jour-là, nous sommes hébergés par le 115, nous avons changé plusieurs fois de structure, mais j’ai compris qu’il valait mieux galérer et être libres que de rester piégés entre quatre murs et souffrir. Si on arrive à supporter les violences, on va réussir à supporter les difficultés de dehors. Aujourd’hui, j’ai réussi à avoir la garde de mes enfants, je les vois s’épanouir de jour en jour. Il ne faut pas avoir honte de partir, ce n’est pas une honte d’être une femme divorcée avec des enfants.
Qu’on soit pauvre, qu’on soit riche, qu’on ait un soutien familial ou non, peu importe d’où on vient, qu’on soit moche ou belle, on ne mérite pas d’être rabaissée et violentée. Même si on n’a rien, la liberté, c’est le plus important. »

Témoignage de madame D.

« Je suis partie à 62 ans et je ne le regrette pas.
J’ai quitté le domicile conjugal après trente-huit ans de violences conjugales. J’ai subi des violences physiques, psychologiques, sexuelles et des menaces de mort.

Il me bousculait dans tous les coins de la maison alors que je me soignais d’un cancer. Alors que j’étais affaiblie, il ne voulait même pas m’acheter un pack d’eau au magasin. Lorsque j’ai contacté Tremplin, je n’étais pas sûre de vouloir partir. Les violences ont continué. Puis un jour, j’ai profité du départ de monsieur en vacances pour quitter le domicile. J’ai donc organisé mon départ : j’ai loué un box pour ranger mes affaires personnelles puis j’ai déposé plainte contre lui. À son retour, il a été placé en garde à vue. Le 115 m’a orientée vers un centre d’hébergement d’urgence. J’ai poursuivi mon accompagnement à Tremplin en m’impliquant dans les ateliers : café sororité, atelier expression, art-thérapie, chorale, psychocorporel. Aujourd’hui, je suis contente car les choses avancent. Enfin, je suis divorcée. Tremplin m’a accueillie avec bienveillance, m’a apporté une assurance pour m’aider à avancer. Il y avait des sourires qui remplissaient mon cœur. Je ne me suis pas sentie seule.
Toi qui vis des violences, je veux te dire : prends le courage pour partir ! Il ne va jamais changer ! N’aie pas peur ! Je suis partie à 62 ans et je ne le regrette pas. »

Témoignage de madame D.

« Je suis restée mariée pendant quinze ans à un homme qui était violent. Ensemble, nous avons eu deux enfants.
Au départ, il était violent avec son entourage, et à notre arrivée en France, les violences se sont concentrées sur moi, ma vie quotidienne était menacée.

J’ai vécu des violences verbales, psychologiques et physiques auxquelles mes enfants ont malheureusement assisté. Je suis devenue hyper vigilante sur tout.
Je me sentais otage de lui avec mes enfants. C’est quand nous avons été expulsés par le bailleur que j’ai pu voir une faille dans laquelle passer. Je dois dire que, s’il n’y avait pas eu cet incident, je ne serais peut-être jamais partie parce que je ne savais pas à qui m’adresser pour être protégée. Accompagnée par une professionnelle du collège de mes enfants, j’ai déposé plainte pour les violences en demandant à la police de nous protéger. J’ai ensuite récupéré mes enfants à l’école et nous ne sommes jamais rentrés. J’avais peur car je savais qu’il pouvait me mettre un coup fatal, parce qu’il n’accepterait pas que je parte, surtout avec les enfants.
Nous avons été mis en sécurité par la Croix rouge, et orientés vers Tremplin 94. Au début, on se sentait mal, on était angoissés car on ne savait pas où on allait finir. Mais, au bout de quelques jours, on a vu la lumière : on mangeait bien, on dormait bien, et on a réappris le goût de la paix car on avait oublié ce goût parce qu’avec lui tout était la guerre.
Aujourd’hui, je me sens forte comme si j’avais récupéré une partie de moi. Je sais que ça va prendre encore beaucoup de temps pour me reconstruire, mais j’essaie de me rénover. Beaucoup de choses se sont déjà améliorées. J’ai maintenant des ressources et je vais bientôt prendre un nouveau poste. Aujourd’hui, je fais des démarches pour obtenir un logement avec mes enfants. Je sens que j’approche de la porte de sortie.
Si d’autres femmes lisent mon témoignage, je veux leur dire de ne jamais baisser les bras, que le positif attire le positif et qu’il ne faut pas avoir peur de se bouger. Il faut garder en tête de l’espoir, il ne faut pas lâcher car tant qu’on a de l’espoir, on peut tenir. J’ai mis toute mon énergie à protéger mon moral et mes enfants parce que, les violences physiques, on peut récupérer, mais le moral, il faut s’accrocher. Il faut garder en tête qu’il y a toujours une solution, qu’il y a une sortie quelque part. »

Tremplin 94 - Solidarité Femmes​

Notre accompagnement

Permanence téléphonique

Ligne d’écoute spécialisée pour les femmes victimes.
Du lundi au vendredi, de 13 heures à 17 heures.
Tél. 01 49 77 10 34

La permanence téléphonique est un premier point de contact avec Tremplin 94 – Solidarité Femmes.
Une écoutante accueille votre parole avec bienveillance, vous conseille et peut, si vous le souhaitez, vous proposer un rendez-vous avec une travailleuse sociale.

Dispositifs d’hébergement​

Dispositifs d’hébergement accueillant des femmes avec ou sans enfants, sous réserve d’une orientation 115.

Tremplin 94 – Solidarité Femmes dispose de 100 places d’hébergement, réparties sur différents dispositifs.
La priorité du pôle hébergement est la mise en sécurité des femmes et des enfants accueillis.

Les équipes proposent un accompagnement spécifique, d’une part sur la conscientisation des violences conjugales, en lien avec la psychologue spécialisée dans le psychotraumatisme, d’autre part sur le parcours de sortie des violences.

L’équipe se compose de travailleuses sociales qui accompagnent chaque femme dans les différentes démarches administratives et de construction d’un projet de vie.

L’équipe dispose également d’une éducatrice de jeunes enfants, qui accompagne plus spécifiquement les femmes au centre mères-enfants, à partir de 7 mois de grossesse jusqu’aux trois ans de l’enfant le plus âgé.

Accueil de jour

Accueil inconditionnel des femmes et enfants victimes.
Du lundi au vendredi, de 9 heures à 13 heures et de 13 h 30 à 17 heures.

Notre accueil de jour est ouvert de manière inconditionnelle pour accueillir les femmes et les enfants victimes de violences conjugales.

Nos services :

  • espace de repos ;
  • point informatique ;
  • espace enfants ;
  • dressing solidaire ;
  • buanderie ;
  • espace douche.

Nous proposons des actions collectives qui permettent de se reconstruire dans un cadre bienveillant et sécurisé :

  • café sororité (un vendredi sur deux) ;
  • expression théâtrale (un lundi sur deux) ;
  • art-thérapie (un samedi par mois) ;
  • chorale (un lundi sur deux) ;
  • atelier psychocorporel (tous les lundis) ;
  • ciné-débat (une fois par mois) ;
  • intervention du Planning familial (une fois par mois).

Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi, de 9 h 30 à 13 h 00 et de 13 h 30 à 16 h 30.

Accueil enfants

L’accueil des enfants est essentiel dans le travail de l’association.
Les enfants ont eux aussi le statut de victimes des violences conjugales.

Les enfants sont accueillis à Tremplin 94 – Solidarité Femmes aussi bien à l’accueil de jour qu’au pôle hébergement.

Au sein de la Maison des Femmes Solidarité 94, un espace enfants est mis à disposition, quel que soit l’âge.

Les enfants hébergés sont accueillis dans des logements équipés. La psychologue est disponible pour les recevoir et leur proposer un suivi si nécessaire. Un accueil plus spécifique des jeunes enfants se fait au sein du centre mères-enfants.

Une attention particulière est portée au développement des enfants, notamment au développement psychique et moteur.

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